Choisir son shinaï ?

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Fonction et conception

Le shinaï est considéré comme un substitut du sabre japonais, et tandis que le sabre japonais est considéré comme l’esprit du samouraï, pour ainsi dire le shinaï est considéré comme l’âme du kenshi. 

Le shinaï utilisé dans le kendo contemporain est composé d’un bambou divisé en 4 lattes (Take) et attachés ensemble, ce qui en fait un shinaï à 4 côtés.

Il existe plus de 600 variétés de bambou au monde et les deux types de bambou que l’on trouve principalement au Japon sont le Madake et le Moso-dake. Ils poussent partout au Japon, à l’exception d’Hokkaido et de la région nord d’Honshu. Le Madake fournit le matériau le plus adapté à la fabrication du shinaï mais depuis les années 60, le bambou cultivé localement a diminué, limitant ainsi le stock de matériau. Le Madake est le meilleur matériau pour la fabrication de shinaï grâce à la densité de ses fibres, sa souplesse, sa couleur et son éclat, mais aussi parce que la fibre de la partie interne est très rigide, l’empêchant de se casser ou de se fendre facilement. Cependant, comme les récoltes de Madake ont tendance à être rare, le prix d’un Madake est forcément élevé.

En conséquence, la plupart du bambou que l’on trouve actuellement sur le marché est cultivé à Taïwan et en Chine. Parmi ces bambous, la variété Keichiku est celle qui se rapproche le plus du Madake en termes de qualité de fibres et de densité. Elle est devenue la variété la plus utilisée pour la fabrication de shinaï car comparé au Madake, le Keichiku est légèrement plus facile à diviser et peut être produit en plus grande quantité et à moindre coût.

Le shinaï fumé est conçu à partir de bambou keichiku par un traitement thermique qui permet de faire ressortir la résine se trouvant au cœur vers l’extérieur et ainsi de boucher les pores du bambou. Cela a pour effet de rendre le shinaï plus résistant, mais légèrement moins flexible, et surtout d’améliorer leur résistance à l’humidité ambiante notamment dans les régions à forte variation hygrométrique. 

La qualité de la tsukagawa joue également un rôle important dans le confort de prise en main et bien sûr sur sa durée de vie. Les critères à prendre en considération sont l’épaisseur du cuir, sa robustesse, sa souplesse ainsi que la qualité des coutures (faite main ou à la machine, simple ou double couture) afin que la tsukagawa ne glisse pas, ni qu’elle se déforme et se déchire avec le temps.

7 bonnes raisons pour ne pas utiliser un shinaï polyvalent

La forme du shinaï influence beaucoup notre keiko. En fonction de notre niveau de pratique, que ce soit pour l’étude des ki-hon ou pour la pratique des geiko notamment les shiai-geiko, un type de shinaï sera plus adapté à votre pratique, à vos qualités et à vos défauts. Et vous verrez que non seulement le shinaï est un outil pour exprimer votre style mais c’est surtout un moyen de progresser et de corriger vos défauts, en fonction du type de shinaï que vous utiliserez.

Voici les 7 types de shinaï que vous devez absolument essayer pour améliorer votre Kendo :

1 – Le shinaï JISSENGATA

Jissengata signifie « combat réel ». Avec un corps effilé et une pointe très fine, ce shinaï est adapté à la compétition car il met l’accent sur les frappes rapides et précises ainsi que les techniques consécutives (renzoku waza). Le centre de gravité se trouvant davantage du côté de la tsuka du shinaï, cela le rend plus facile à manier et procure une sensation de vitesse. Cependant la sensation de légèreté et de vitesse de ce shinaï peut déséquilibrer votre technique, votre précision de la prise de centre lors du Seme et de l’Uchi.

2 – Le shinaï KOTO

Koto signifie « sabre ancien ». Ce shinaï est reconnaissable entre tous avec son profil complètement droit et fin. Dans le style koto, le poids est réparti plus uniformément sur l’ensemble du shinaï, tandis que le centre de gravité est situé plus près de la pointe, imitant ainsi l’équilibre d’un « vrai sabre ». Pour cette raison, on dit qu’il est plus difficile à maîtriser et qu’il est préféré par les kenshi de haut niveau avec une pratique très technique et un fort contrôle du kensen. Ce type de shinaï convient également bien au kenshi qui ont tendance à aller vite au détriment de la précision et de la prise du centre.

3 – Le shinaï DOBARI

Dobari signifie  « corps élargi ». Parce que le corps du shinaï est plus large, le centre de gravité est plus situé à l’extérieur qu’un shinaï standard et vers la tsuba, il donnera donc une sensation de légèreté et sera plus facile à manipuler. Pour cette raison, il est surtout préféré par les débutants et les pratiquants de niveau intermédiaire. Cependant, il est aussi largement utilisé par les pratiquants plus expérimentés.

4 – Le shinaï KOBAN

Koban signifie tout simplement « ovale ». La tsuka de forme ovale procure une meilleure saisie, notamment pour les personnes ayant de grandes mains, ainsi qu’un meilleur contrôle du teno-uchi et une meilleure prise de conscience du « tranchant » du shinaï conduisant ainsi à un hasuji plus précis et plus correct. Le centre de gravité est plus proche de la tsuka.

5 – Le shinaï à TSUKA COURTE

Avec une tsuka plus courte, la prise en main du shinaï sera plus naturelle notamment pour les kenshi qui ont des bras plus courts ou qui préfèrent rentrer dans la garde de l’adversaire avec une frappe rapide.

6 – Le shinaï à GROSSE POIGNÉE

Ce type de shinaï a une meilleur réactivité car il accentue la sensation d’une pointe plus légère. Idéal pour ceux qui ont de grandes mains il favorisera une prise « détendue » du shinaï. 

7 – Le shinaï à TSUKA LONGUE

A l’inverse, pour les personnes qui ont une bonne allonge de bras, le shinai à tsuka longue conviendra très bien en procurant un plus grand confort de saisie. La façon de mesurer la position correcte de votre prise de shinaï et la longueur de tsuka est de placer la crosse du shinaï dans le creux de votre bras droit et d’étendre votre main dans une position naturelle le long du shinaï. La position de l’index de votre main légèrement fermée doit toucher ou être juste en dessous de la tsuba.